Je suis allée au travail en marchant. Ce n’était pas arrivé depuis des mois.
Reconnaître le chemin. Laisser les souvenirs jaillir, les accueillir. Ils ont leur place.
Passer par là, me souvenir du coup de fil qui m’annonce qu’Iris ne voit pas. Traverser le parc, et entendre les rires d’une ancienne conversation. Tout se mélange.
Retrouver mon bureau comme si le temps s’était figé pendant tous ces mois. Entendre arriver des voix amies et tout se ranime. Le café. Comme avant.
Discuter, rire, oublier un peu de travailler, profiter des retrouvailles, un peu ébahie. Tant de vie après tant de temps.
Oublier un instant la semaine dernière, l’horreur, les crises, la tristesse. La vie continue même lorsque je suis pétrifiée, alors autant me mouvoir.
« Regarde Maman, Iris danse ! ». Danse, ma fille. Tourne autour de ton rire en cascade. Je danserai avec toi.
Écrire, écrire beaucoup, tout, tout le temps. Tirer les fils, démêler, me tromper, recommencer.
Je crois que je commence à comprendre.
Ça fait partie du jeu, la souffrance, les gamelles, les larmes, la peur, les mauvais choix, tout ça. Accepter.
Accepter aussi le sourire qui se dessine derrière les yeux brouillés et le rire qui se fraie un chemin au travers de la gorge pleine d’épines. Si j’ai peur du noir, alors je n’ai qu’une solution : aller chercher la lumière. Pareil pour la vie.
Essayer d’être là maintenant. Pas demain. Pas plus tard. Maintenant, le soleil sur les vitres immenses des immeubles, le ciel encore un peu bleu hiver, le vent qui se faufile entre mes doigts desserrés. En attraper un peu pour pouvoir attiser le petit feu.
Aujourd’hui j’ai ri, j’ai pleuré, j’ai parlé, j’ai eu peur, j’ai écrit, j’ai été prise d’une intense mélancolie, j’ai chanté, j’ai même dansé un peu.
Je ne sais pas si c’est le printemps, le soleil, les amis, la musique, le bureau. Je ne sais pas si ce sera encore là dans quelques heures ou demain. Je ne sais pas mettre de mots sur ce qui se joue dans mon diaphragme.
Je sais juste qu’après une semaine d’orages violents, je sens, là, au creux de moi, comme une envie de vie. Ça brûle un peu. Je profite, ça réchauffe, pour une fois je ne tremble pas.
J’ai envie de faire la paix avec tout.
Pour m’apaiser, compter sur les jours plutôt que de les décompter.
De dire à ma fille que je l’aime, encore et encore. La rejoindre dans cet élan plein de vie dont elle éclabousse le monde.
De dire à ma famille et mes amis qu’ils sont comme des lumières qui m’aident à retrouver mon chemin. Merci.
De pleurer en écoutant Ben Mazué et de chanter à tue-tête sur I’m still standing.
De regarder Top Chef en mangeant des chips.
De recommencer un livre, juste pour voir.
De terminer ce puzzle avec Sam.
D’être vendredi pour retrouver Iris, et d’aller voir les poules de Marie dimanche.
Et peut-être qu’il pleuvra dehors ou dedans. On sautera dans les flaques.
On verra bien.
C’est la vie.
Ouiiii… Mille fois oui ! Quel joli texte empreint d’espoir et de joie ! La Vie est belle.
Bises à Iris !
Oli.
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Pas encore de vraie pulsion mais déjà une pulsation, en somme. Ça fait du bien.
Bisous à vous 😘
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Quelle belle photo ! J’avais lu le texte hier, et je découvre la photo aujourd’hui, et le temps gris disparaît. Vos deux sourires, en dansant ou en sautant dans les flaques.
Dimanche, du pain dans les poches ou un petit sac, pour les poules de Marie ?
Un oeuf tiède dans les mains d’Iris ?
Une plume dans les cheveux de Camille ?
Bises
merci du texte et de la photo.
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