Le monde (magique) d’Ayden

Hier, avec Iris, nous sommes allées jouer dans un endroit merveilleux : le monde d’Ayden, une plaine de jeux inclusive. Là-bas, il y a une pièce sensorielle calme avec des jeux phosphorescents et des tas de lumières différentes. Il y a une pièce de motricité où Iris a pu marcher pieds nus sur différentes matières. Il y a une partie du sol et un écran géant qui diffusent de la lumière. Une balançoire. Un bateau pirate géant avec un super toboggan. Une table lumineuse. Une vraie voiture. Des jeux de chantier. Un bar et de la restauration. Des dizaines d’autres choses.

Un endroit magique. Iris poussait des cris de joie, s’exclamait devant les lumières, a adoré le toboggan. Elle s’est amusée, a été stimulée, dans un endroit fait en pensant à elle et à tous les enfants. Tous. « Différents » ou pas. Quant à moi, j’ai enfin pu profiter sans réfléchir à ce qui était accessible à ma fille ou non.

C’est beau, l’inclusion.

Je vais me concentrer ici sur les personnes en situation de handicap. Mais gardez à l’esprit qu’elle vient bien au-delà de ça, hein, je vous fais confiance!

D’abord, une petite définition : « Action d’intégrer une personne, un groupe, de mettre fin à leur exclusion (sociale, notamment)[1] »

Donc soyons clairs : si nous nous battons pour l’inclusion, c’est qu’exclusion il y a.

Il y a exclusion parce que la société et nos dirigeants voient encore trop les personnes en situation de handicap comme la pièce en trop à la fin du montage d’un meuble Ikea. Ou du puzzle, comme vous préférez. Or c’est la pièce manquante. Celle qui vous permettra de monter le meuble, de finir le puzzle.

L’inclusion ne retire rien à personne, bien au contraire.

Hier, les enfants jouaient, ravis de ce monde un peu féérique qui était à leur disposition. Tous les enfants, même ceux qui courent, qui parlent, qui voient, qui entendent. L’inclusion n’exclut pas vos enfants, elle leur permet de rencontrer nos enfants, et, je veux le croire, d’apprendre d’eux. À l’école, dans les plaines de jeux, partout.

Sur la place près de chez nous, nous croisons souvent un petit garçon blond. Et trisomique. Et personne ne joue avec lui. Ça me brise le cœur à chaque fois.

Au travail, j’ai entendu qu’accueillir des étudiants déficients visuels serait trop compliqué et qu’ils feraient mieux de se diriger vers des structures faites pour eux. « Faites pour eux ». Bah oui c’est vrai, quoi, ils sont aveugles, après tout.

Nous vivons dans une société où on est obligé d’imposer aux entreprises des quotas pour qu’ils emploient des personnes en situation de handicap. Sinon ils ne le feraient pas. Si j’étais cynique, je les imaginerais déjà en train de se dire « Bon, lequel est le moins pire ? »

Alors oui, l’inclusion demande des moyens financiers. Des adaptations. Mais n’oubliez pas que nos enfants, qui seront un jour des adultes, doivent tous les jours s’adapter à un monde qui n’est pas fait pour eux. Les stations de métro sans ascenseur. Les trams trop étroits ou les bus trop hauts pour la poussette ou le fauteuil. Les trottoirs défoncés et parsemés d’obstacles. Les avenues à traverser sans signal pour annoncer que le feu est vert. Les distributeurs de billets trop hauts. Les rampes impossibles à monter ou à descendre. Sans oublier les moqueries. Les regards. La dévalorisation des compétences.

Imaginez-vous un instant en fauteuil dans votre ville. Ou déficient visuel.

Je suis intimement convaincue que l’inclusion n’apporte que de belles choses. Elle éduque nos enfants à la différence, quelle qu’elle soit. Elle nous apporte à nous, adultes, une meilleure compréhension de ce qu’est le handicap, visible ou non. Qui dit compréhension dit moins de peur, moins de préjugés, plus d’empathie.

Hier, nous avons passé une journée merveilleuse grâce à Lou, qui a créé ce projet. L’occasion de remercier chaudement cette maman et tous les autres parents qui se retroussent les manches pour leurs enfants, pour les nôtres. Parce qu’il faut le souligner, la plupart des associations ou lieux d’inclusion sont créés par des parents qui ne trouvent pas de lieux adaptés pour leurs enfants. Pas par l’Etat.

Et ça, si vous voulez mon avis, c’est vraiment dommage.


[1] Larousse.fr

Publié par Camille

Je suis la Maman d'Iris et j'ai décidé de prendre la plume, ou en l'occurrence les touches, pour vous faire partager notre quotidien.

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