Aujourd’hui, j’ai envie de partager sur un sujet délicat. Le « les autres enfants aussi ».
Je suis bien consciente que quand cette phrase sort, c’est pour me rassurer. Mais…
Mais non, ce n’est pas comme les autres enfants. J’aimerais que ce le soit, mais ça ne l’est pas. Iris est différente. J’entends déjà des voix s’élever « Mais il ne faut pas la réduire à son handicap, il ne faut pas tout ramener à ça… ». Hé bien si. Je ne dis pas que le handicap définit Iris. Iris est Iris. Et Iris est différente.
Je n’ai pas besoin d’être rassurée quand je la compare aux enfants de son âge, je suis assez lucide. Je ne la réduis pas à son handicap, je tente de l’accepter. Pas de le gommer.
C’est comme si vous discutiez avec un ami de vos maux de tête insupportables, et qu’il vous répondait « Oui, c’est comme moi, parfois j’ai mal mais je prends un Dafalgan et ça va mieux ». Alors que vous souffrez horriblement, à vous cogner la tête contre les murs. Vous aurez sans doute envie de lui dire que non, ce n’est pas comme lui. Ce n’est pas mieux ni pire, c’est différent. Vous n’auriez pas envie que l’on minimise vos douleurs alors que vous vouliez juste vous confier, si ?
Là, c’est pareil. Lorsque qu’Iris écoute 10 fois de suite le même album, puis 10 fois de suite le suivant quand j’ai réussi à la faire changer, ce n’est pas comme les autres. Quand elle se tape, ce n’est pas comme les autres.
Je ne cherche pas à dramatiser, quand je raconte, ni à absolument prouver qu’Iris est différente. Je cherche à partager un quotidien qui oui, peut mettre mal à l’aise. Et je sais, je sais vraiment que cette phrase n’est pas méchante, que c’est très souvent de la bienveillance.
Oui, Iris fait des choses comme les autres enfants. Elle existe, par exemple. Elle respire. Elle rit, pleure, fait des colères. Elle fait des câlins, des bisous.
Mais Iris a des yeux qui ne voient pas ce que ceux des autres voient. Il manque à Iris un tiers de cervelet. Iris a trois ans mais ne marche pas vraiment, parle moins bien que les autres, a un an de retard sur le plan développemental.
Iris n’est pas comme les autres. Et ça fait mal.